06 octobre 2011
Douleur...
Je ne sais comment commencer... J'avais dans l'intention de reprendre le blog depuis déjà longtemps... Les fidèles n'ont jamais cessé de me le rappeler. Et puis voilà, le temps a passé, les mois, les jours, les heures, les minutes... Beaucoup, beaucoup trop vite...
J'ai pensé un temps le fermer, puis en changer les objectifs. Seulement désormais plus rien n'est comme avant. Je ne suis plus la fille pétillante et rigolotte, qui avait toujours un pied en l'air, un an d'avance... Ce sont les années passées qui vont occuper tout mon esprit.
Il fallait cependant que vous explique un peu le pourquoi du comment. Louis, mon unique enfant, est parti cet été, un jour radieux, où le soleil brulait de tous ses feux... Une vilaine bactérie est venue dévorer son organisme si vite qu'il n'a pas eu le temps de se battre. Encore une histoire de temps...
Tout s'est passé très vite. L'hôpital, l'angoisse, l'espoir, puis l'inacceptable, très vite... Louis sans vie, le visage triste et défait... et tout le reste...
En une journée, toute sa vie a basculé vers le néant, et la mienne aussi... Nous avons quitté tous les trois ce bassin d'Arcachon que nous aimions tant pour ne plus y revenir...
Je ne sais comment arriver à survivre tant Louis était présent dans mon coeur... Sa joie de vivre, ses nombreux projets réduits à néant... Ses amis, ses amours...
Je ne sais comment continuer à écrire ce soir... Je vais juste ajouter une photo de Louis. Et prendre du temps pour lui et pour moi et avec lui...
Ne m'en voulez pas... A très vite je l'espère...
Ce soir je pense à tous ceux que Louis a rejoint... Serge, Barbara, Marguerite, Isabelle, André, Fernand, Ascension, Alain, Yani, Fanny, Dominique, Virginie, Jakès, Charles, Jacques, Susan, Delphine, Amy, Curk, Jimmy, Antoine, Janis, Boris, Caramel, Georges et bien d'autres que Louis a connu ou a appris à connaître... J'espère qu'ils sont tous ensemble, bien au chaud. J'espère qu'ils prennent soin de mon Louis... Mon étoile... 13 ans pour mourir ce n'est pas juste...
Je vous embrasse tous et toutes
Cécilotte
05 octobre 2011
Reprise des chroniques... Si l'on peut dire...
A tous les amis... fidèles et infidèles...
C'est promis, je vais me remettre à mes chroniques... Elles seront différentes, peut-être plus irrespectueuses, plus audacieuses... J'ai changé... Louis n'est plus là... La vie en a décidé autrement... Et je lui en veut à la vie... Je lui en veut de m'avoir pris mon enfant, violemment et sans explication. Je lui en veut de n'avoir pas laissé à Louis la chance de se battre contre ce mal inexorable... Je lui en veut de ne pas lui avoir laissé le temps de grandir, d'aimer, d'aimer encore et encore. 13 ans ce n'est pas un âge pour mourir...
11 avril 2010
Mon âme est triste.. Mon coeur est triste.. J'ai honte
Le seul mot qui me vient à l'esprit.. Horreur... puis Tristesse, et Honte...
Voilà plusieurs moi que je reculais ce moment... Je voulais aller voir ce film de la brillante journaliste d'investigation Roselyne Bosch, mais je savais en un même temps, que ma réaction serait terrible... Elle l'a été. Elle l'est et le restera à jamais encrée dans ma mémoire... J'ai eu besoin de respirer et de pleurer, pleurer, pleurer. Tout en pensant à tous ces enfants, qui pourraient être les miens, les nôtres, les vôtres...
Ce soir j'ai honte, honte des miens... Honte de savoir que des français aient pu laisser (participer surtout) faire une telle chose... Sans bouger... Bien sûr, certains ont résisté, ont tenté, en vain, d'améliorer les conditions de nos frères.
La RAFLE... Rafler dans Paris des milliers de juifs, pour les parquer dans le stade vélodrome du Vel d'Hiv avant d'attendre les ordres... Ordres d'en haut...
Des milliers d'enfants, de femmes, de vieillards, sans eau, sans la moindre alimentation, ont vécu l'horreur dans cet endroit...
Puis, ils sont partis, partis en train, pour le camp de Beaune-La -Rolande...
Certains français ont bien essayé de s'opposer à cet acte sans nom... Mais que pouvait-on faire ? De plus... Rien... Rien de plus...
Et bien ce soir, en ce jour où je suis en droit de demander la nationalité espagnole, (ma grand-mère ayant vécu dans les camps français afin de fuir le Franquisme), je pense à elle, mais aussi à ceux et à celles que les miens ont caché... Et je suis fière d'eux...
Je n'ai rien à dire de plus.. Si ce n'est me taire et méditer...
J'ai du mal à comprendre l'être humain... Jusqu'où il est capable d'aller... dans les bas-fonds de la pire horreur...
Alors je vous laisse et je vais essayer de sécher mes larmes, mais cela sera long...
Ce soir, je pense aux Sacha, Sarah, Rebecca, Nathan... et tous les autres...
PARDON... PARDON au nom de ceux qui n'auront jamais le courage de demander le pardon...
Ce film doit être vu par les jeunes générations... Par devoir de mémoire...
Avec Jean Réno, Gad Elmaleh, Mélanie Laurent...
05 avril 2010
Nouvelle lecture... Nouvelles images... Le tout en un..
Mea Culpa à tous et à toutes... Voici plusieurs semaines que je n'ai donné aucune nouvelles. Rien... Rien de rien.. La faute à qui, la faute à quoi... Plusieurs raisons trop compliquées à énumérer... Et puis, désormais je vais éviter de parler de moi et toujours de moi...
Juste une chose... JE VAIS BIEN... JE VAIS BIEN... SURPRIS ? POUR UNE FOIS...
Pourquoi...
Certains mots gentils... Des encouragements à poursuivre ces chroniques... Certes modestes... Mais qui ont tout de même une raison d'exister... Une façon toute personnelle de vous faire partager mes humeurs, mes coups de coeur, mais coups de gueule aussi (et parfois ils sont nombreux) et puis les rencontres, les belles rencontres... Certains se reconnaîtront... Des projets en commun.. Peut-être des projets à 4 ou 6 mains ? Il faut voir...
En ce week-end pascal, je ne pouvais emporter avec moi des livres... Et toujours des livres...
Une découverte, deux découvertes...
La première : la magnifique et déroutante parfois Lettre aux Américains de Cocteau... Le petit Cahier rouge me tendait sa couverture vendredi... avant le départ...
Je parlais bien de l'édition des Cahiers Rouges, mais j'ai opté pour la première édition...
La Lettre aux Américains fut publiée par les éditions Grasset en 1949. Dans l'avion le ramenant de New York à Paris, Jean Cocteau écrit ce texte étonnant qu'il adresse au peuple américain.
L'écrivain nous livre ses impressions sur son séjour de trois semaines à N.Y...
Américains,
Je vous écris de l'avion qui me ramène en France. J'ai passé vingt jours à New York et j'ai fait tant de choses, vu tant de monde que je mesure mal si j'ai vécu chez vous vingt jours ou vingt ans. Vus me direz qu'on ne juge pas un pays d'après une ville, l'Amérique d'après New York, et que mon séjour est trop bref pour que j'ose me le permettre. Mais il arrive que le premier coup d'oeil qu'on jette sur un visage vous renseigne mieux sur ce qu'il renferme qu'une longe étude... (pp. 12-13, Paris, Grasset, Les Cahiers Rouges, 1949).
Il se trouve qu'en lisant le texte de Cocteau, j'avais aussi avec moi un très beau livre évoquant l'admirable travail de la photographe américaine Berenice Abott (protégée de Man Ray).
Les descriptions de Cocteau me renvoyaient constamment à l'oeuvre de Berenice Abbott... Il suffit pour cela de porter son regard un long moment sur ses photographies de la ville de N.Y. Tout est dit...
Cocteau écrit au sujet de NY : "New York n'est pas une ville assise. Ce n'est pas une ville couchée. New York est une ville debout et non à cause des gratte-ciel où les chiffres (qui dévorent New York) ont établi leur fourmilière. Je parle d'une ville debout, parce que, si elle s'asseyait, elle se reposerait et réfléchirait, et que, si elle se couchait, elle dormirait et rêverait, et qu'elle ne veut ni réfléchir ni rêver, mais se partager debout entre les deux mamelles de sa mère, dont l'une verse l'alcool et l'autre le lait. Elle veut rester debout [...]". p. 16.
Une ville debout by B.Abbott...
NY... Toujours by B.A.
Et Cocteau de poursuivre... "Le public de New York est le meilleur public qui soit au monde. Je l'ai vu, empressé, attentif, rieur, enthousiaste, ne partant pas à la fin et acclamant les artistes qui lui plaisent. Mais le producer méprise ce public. Il le déclare incapable de comprendre les oeuvres hautes et croit indispensable de lui présenter des oeuvres basses [...]". p. 28-29.
Et tout en lisant Cocteau, les photographie de Berenice s'offraient à moi... Un moment fantastique... que je voulais vous faire partager...
Et puis, une petite mention toute particulière pour ce grand écrivain (je ne veux pas oublier Cocteau bien entendu avec lequel j'ai partagé plusieurs soirées de lectures "endiablées"... Je me souviens avoir lu l'oeuvre de son ami, am... Radiguet au Pyla face à Petit Piquey où il s'aimèrent sous le soleil ardent du bassin d'Arcachon) James Joyce...
Bref, quelques notes tapées dès mon retour à Troyes...
Merci à tous et à toutes de tous ces encouragements.. J'en suis très touchée... Et tout cela m'encourage à poursuivre cette petite chronique irrégulière certes, mais qui se veut variée, amusante et qui cherche également à vous faire découvrir de petites pépites...
Cécilotte...
14 février 2010
Polar... Polar des années 40... Quand tu nous tiens..
A défaut de trouver un cinéma d'art et d'essai à T... Il faudrait peut-être en reparler... Le dernier a fermé, injustement fermé...
Pour une cinéphile passionnée comme je le suis depuis fort longtemps, je dois ronger mon frein et attendre d'être à Paris pour pouvoir faire une cure de salles obscures...
Le problème... Le manque de temps...
Mais heureusement, il y a quelques trouvailles à faire... Histoire de compléter sa dvthèque (je ne sais pas si cela se dit... Mais tout le monde a compris..).
Dernière trouvaille : Double Indemnity qui se traduit en français par Assurance sur la mort...
J'ai mis du temps à le trouver ce petit bijou...
Ce film fut réalisé en 1944 par le cinéaste d'origine autrichienne Billy Wilder (1906-2002). L'auteur de Sept ans de réflexion (1955), mais aussi de Certains l'aiment chaud (1959), et j'en passe (le dernier en date étant le magnifique Buddy Buddy en 1981), a magnifiquement mis en image le scénario des deux plus grands auteurs de romans noirs américains : RAYMOND CHANDLER et JAMES MAC CAIN...
Je ne remercierai jamais assez Jurgen Müller de m'avoir initiée via ses magnifiques ouvrages édités chez Taschen, au ciména américain. Grâce à son érudition, j'ai eu la chance de pénétrer dans ce monde extraordinaire du cinéma des années 40 et 50... L'adaptation de romans noir de cette époque est énorme...
Double indemnité en est un exemple.
De nombreux écrivains de talent ont donné l'autorisation d'adapter au grand écran leurs textes. Ce fut le cas de Raymond CHANDLER...
Chandler (1888-1959) est entre autres, l'auteur de ce roman noir exceptionnel : Le Grand sommeil.
Traduction de Boris Vian...
Publié en 1939, il fut, pour la petite histoire, traduit par Boris VIAN en personne, pour la NRF, Gallimard en 1948... Je vous conseille fortement, à ce sujet, de lire ce texte dans la traduction de Vian... Remarquable...
En 1978, le réalisateur Michael Winner adapte le Grand Sommeil confiant le rôle du célèbre Philippe Marlowe à Robert Mitchum...
Sans oublier les remarquables interprétations de Humphrey Bogart et de la belle Lauren Bacall... Une élégance inoubliable...
Humphrey Bogart... Quel charme !!!
Quelle beauté... Un regard plutôt coquin... Un beau brin de fille... Pas du genre à se laisser faire...
Un autre auteur de roman noir JAMES MAC CAIN (1892-1977), qui signa, entre autres, Le Facteur sonne toujours deux fois en 1934.
Ce fut Mac Cain qui participa avec l'aide de Chandler, en 1944, au scénario et aux textes d'Assurance sur la mort. Billy Wilder se chargeant avec brio de la réalisation...
Il est important de remercier pour cette réédition en DVD l'éditeur adoré des cinéphiles, CARLOTTA.
En gros le synopsis du film n'est autre qu'une arnaque aux assurances... L'agent d'assurances Walter Weff (allias Fred Mac Murray), tombe sous le charme de la belle Phyllis Dietrichson (une femme sans coeur, qui n'a de cesse de multiplier les aventures amoureuses afin de s'enrichir).
Celle-ci réussit à persuader Weff de tuer son mari (mise en scène totalement folle), et ainsi de récupérer l'assurance vie de son défunt époux...
La fin sera tragique...
Des effets d'ombres et de lumières extraordinaires, comme on n'en voit plus aujourd'hui, et que nous devons au talent du chef opérateur JOHN SEITZ.
Bref, procurez-vous ce film... Les bonus sont brillants... A regarder sur grand écran et dans le noir complet...
ATTENTION CHEF-D'OEUVRE.....
Reprise des chroniques... Si l'on peut dire...
Cecilotte s'est mise volontairement quelques jours entre parenthèses... Mais tout va reprendre de plus belle, à son allure de croisière, je l'espère, le temps de "prendre le temps" , le soir, après une dure journée de labeur, de tapoter sur l'ordinateur...
Aux dernières nouvelles, je sais par quelques "aficionados" que le modeste papier sur la disparition de celui qui provoqua chez moi, un grand choc littéraire a plu... SALINGER...
J'aime beaucoup ce point serré face à l'objectif... Il résume bien là le personnage... Un homme de caractère... UN HOMME... UN VRAI... De fortes mains, un regard qui en dit long sur sa détermination...
Le séducteur est là tout de même avec quelques années de moins.. Un visage digne de celui d'un acteur américain des années 40... Mitchum ou Grant... A voir... Je peux attendre l'avis de mon ami Yurgen... spécialiste du cinéma de cette époque...
Après cette interruption photographique, mais nécessaire (destinée à ceux qui ne connaissent pas l'homme et son oeuvre...), je disais donc combien j'étais ravie d'apprendre que Salinger ne laissait aujourd'hui personne indifférent. De ce fait, c'est tant mieux pour mon précédent billet d'humeur...
En effet, je ne voulais pas en rester là.
Cet homme, J.D. Salinger me laisse bien seule aujourd'hui et avec tant d'interrogations par ailleurs... Mais cela est mieux ainsi. Salinger a pris la décision de se retirer du monde, de vivre loin du monde. Un choix personnel et pour le moins compréhensible.
J'ai lu un très bel article sur l'auteur de THE CATCHER IN THE RYE (in french : mais beaucoup moins beau : L'Attrape-coeurs... Quoique... Les Inrockuptibles ont consacré un intéressant papier à Salinger... Ils ont même obtenu un émouvant témoignage de Philippe Djan : "C'est comme si j'avais perdu deux fois mon père". Cf. Les Inrockuptibles, 3 février 2010, n° 740, p. 9.
Djan a rencontré Salinger en 1965. " A cette époque, ke le dis à l'attention des jeunes, il fallait faire un effort de volonté pour ne pas se suicider. Vous n'imaginez pas comme ce pays était sombre et triste et infiniment cotonneux [...]. Rien ne frémissait à l'horizon, rien ne nous retenait de nous jeter dans la Seine".
Salinger fréquentait l'épicerie du Marais des Djan... Le jeune Philippe rencontra le Maître : "Avant je ne savais pas ce qu'était un livre", lui ai-je avoué après avoir lu L'Attrape-Coeurs. Je ne savais pas à quoi ça servait. J'étais bouleversé. Pour commencer, je ne mangeai rien durant trois jours [...]".
[...] " Si tu deviens un écrivain célèbre; tu n'auras plus jamais la paix", aurait dit Salinger à P.D.
[...] "Un écrivain ne doit rendre des comptes qu'à lui-même, à lui seul [...]/ Un écrivain ne doit obéir qu'à sa propre idée de la perfection. Ne sors pas de là. Ecris le livre que tu souhaites lire. Règle numéro 1".
La leçon fut bien apprise. Djan est à mon avis l'un de nos plus grands écrivains... Il a d'ailleurs été formé à bonne école... Que rêver de mieux, quoique en même temps, il faut disposer du talent nécessaire pour honorer de tels propos... Mais Djan a parfaitement compris... et tellement bien compris d'ailleurs...
Petite parenthèse afin de saisir au mieux tout ce que je viens de vous rapporter : IL FAUT LIRE, RELIRE CE CHEF-D'OEUVRE. J'avais quinze ans, je m'ennuyais à mourir... J'étais déjà hors norme... En dehors de tout... Volontairement d'ailleurs. Je ne veux pas m'en cacher... Une fille curieuse de tout et de ce fait absente, distante et dans son monde..
La lecture de L'attape-coeurs fut une révélation littéraire, un grand choc. La même année (d'ailleurs ce fut l'année des "CHOCS" littéraires, entre autres), j'ai découvert L'Ecume des Jours (Chloë), L'Etranger...
Durant quelques heures, j'ai suivi, sans lever les yeux, le road-movie (en quelque sorte) de 48 heures d'Holden Caufield... Depuis son départ du collège Pencey Pred d'Agerstown en Pennsylvannie jusqu'à son retour à N.Y... Un mec, un vrai mec que ce Caufield, avec ses joies et ses peines... Son dégoût pour le Brown Betty (pudding dégueu "un truc infect que personne mangeait sauf peut-être les mômes des petites classes qui n'y connaissaient rien et des types comme Ackley qui engouffraient n'importe quoi"...
Et sa fascination pour NY... ; pour ce train qui le ramènait pour les vacances, à N.Y : "D'habitude j'aime bien prendre le train, la nuit en particulier, avec la lumière allumée et les vitres tellement noires, et puis le type qui circule dans le couloir en vendant du café et des sandwichs et des magazines [...]".
Bref je ne vais pas me répéter... Même si vous avez déjà lu ce livre, il faut le relire... A plusieurs âges de la vie d'ailleurs... Il n'a pas pris une ride... L'écriture est toujours efficace, résolument et éternellement moderne...
L'Attrape-coeurs, a été publié en 1951, à Boston, chez Little Brown & Cie. Fort de son succès, il reste l'un des 25 livres les plus vendus dans toute l'histoire de l'édition américaine...
Mais ne vous arrêtez pas là... Salinger n'est pas l'homme d'un seul livre...
Viendront par la suite les deux nouvelles Franny and Zoey, publiées dans le New Yorker en 1961.
FIRST EDITION. Boston, Little Brown & Cie, 1961.
Au mois de septembre de la même année, les deux textes paraîtront sous la forme d'un roman du même nom.
Salinger nous conte l'histoire de deux membres de la famille Glass. Franny et son frère Zoey. Franny est étudiante en arts dans la prestigieuse Université, près de Boston : The Wellesley College (Rien à voir avec nos universités françaises... De vrais et de bons enseignants... Une activité débordante... Une curiosité intellectuelle qui devrait faire pâlir de jalousie, quoique (je ne suis pas certaine qu'ils seraient en mesure de comprendre ce que je veux dire...) certains enseignants, enfin plus précisément certaines personnes qui se considèrent comme étant de parfaits pédagogues...). A BON ENTENDEUR SALUT... IL FALLAIT QUE JE LE DISE... PAS BIEN...
Donc je reviens à Franny. ET bien Franny (a une petite amie et son prénom c'est B...). Non, je m'égare... Le désenchantement de Franny est tel, qu'elle tente non sans mal, de s'échapper du monde dans lequel elle cherche à survivre... Zoey va l'aider... Une magnifique histoire... Je ne peux vous en dire davantage.. Je ne veux pas déflorer le sujet...
Une petite citation de l'auteur en anglais of course : " I love writing on these Glass stories. I've been waitinf for them most of my life, and I think I have fairly descart monomiacal plans to finish them with dire care ans all-available skill".
A compter de ce deuxième roman, Salinger publiera une série de neuf nouvelles évoquant des membres de la famille Glass. Certaines sont de véritables chefs-d'oeuvres... Selon moi ce ne sont d'ailleurs que de purs chefs-d'oeuvres d'écriture et d'imagination...
Dispo chez Presses Pocket... Précipitez-vous !!! Les yeux fermés... Bien entendu...
Aujourd'hui, deux autres nouvelles de Salinger, et non des moindres, sont de nouveau publiées.
Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers, suivi de Seymour, une introduction... Encore la famille Glass...
Pour la petite histoire, qui est devenue pour certains un mythe... Salinger cessera de publier le moindre texte à compter de 1965. Pour une raison, qui ne nous regarde pas (et qui s'ajoute à l'élégance du mystère),l'écrivain se retire à Cornish dans le New Hampshire... Depuis, plus rien... Bien sûr, quelques curieux ou illuminés, voire passionnés ont bien tentés de percer le secret Salinger mais rien ne filtre... D'ailleurs, quoi de plus parlant à ce sujet que cette phrase que Salinger fait dire à Zoey : "Il sait que je suis né à N.Y. et que s'il y a une chose qui me dégoûte c'est l'ambiance"... A méditer...
Donc depuis 1965, Salinger vivait retiré dans sa propriété de Cornish.
Rien ne filtrait...
Et puis il y a un mois sa disparition...
J'ai lu depuis sur le net qu'une série de lettres adressées par Salinger à son ami Michael Mitchell entre 1951 et 1993 avait été vendue en 1999.
Elles sont aujourd'hui exposées en plein coeur de Manhatan dans la célèvre Morgan Library...
Ces 11 lettres relatent la vie de Salinger et sa retraite à Cornish... Elles révèlent que durant toutes ces années Salinger n'a jamais cessé (pour mon plus grand bonheur et le votre, j'espère) d'écrire. Ses journées de travail débutaient à 6 heures du matin, ne s'interrompant que "si c'est absolument nécessaire"...
Mais est-ce absolument nécessaire que de ressortir tout cela ? Laissons la place au mystère... Il en vaut la peine, dans ce monde aujourd'hui totalement transparent...
J'espère que mon enthousiasme vous aura donner l'envie de lire et de relire SALINGER... UN DES PLUS GRANDS ECRIVAINS AMERICAINS... Tant d'auteurs mais aussi d'artistes, de réalisateurs (Songeons aux frères COEN, dans The Barber ou TIM BURTON...) se revendiquent de Salinger...
POUR M.S. (avec une belle mélodie de Bashung en sus).
29 janvier 2010
Adieu Monsieur Salinger...
En ce jour triste et pluvieux, mon coeur est plutôt morose... Mon adolescence me semble déjà trop loin. Avec le départ de Salinger, c'est un pan de mes années ado qui disparaît...
Je me souviens d'avoir dévoré L'attrape-Coeur cachée au fond de mon lit, en plein été dans le grenier du pyla... Une lecture inoubliable... Un nouveau monde... totalement méconnu de moi-même... mais quel bonheur que de transgresser l'interdit... Ce sont les meilleurs souvenirs de lecture d'ailleurs...
Je me souviens de cette phrase, que je partageais à l'époque totalement (d'ailleurs cela n'a pas changé depuis ) : " Les profs, on peut pas les arrêter quand ils ont décidé quelque chose. Ils font comme ils ont décidé. C'est tout". Voir L'attrape-coeurs, édition Livre de Poche (traduction A. Saumont), p. 19.
Et bien rien n'a changé de plus... Tout est resté en place... Mon dieu quelle tristesse... Je suis bien heureuse d'avoir quitté ce monde, trop éloigné de la réalité et de mes convictions...
Triste monde. Mes respects Monsieur Salinger...
Cecilotte vous promet un joli texte sur cet écrivain hors norme et terriblement génial...
A bientôt...
Je file... L'Attrape-Coeurs est resté dans mes cartons et je veux le relire au plus vite...
Je vous réserve également une très jolie découverte MANGA...
L'école emportée de Kazuo Umezu... Pour ceux qui n'ont pas le temps d'attendre... Editions Glénat, 7 tomes... Merveilleux... le manga il n'y a pas à dire, il apprendre à l'aimer... Il sait se laisser désirer... Prenez conseil auprès de jeunes ados... Et lisez vous comprendrez...
27 janvier 2010
TIM BURTON AU MOMA... ENFIN... ENFIN...
S'il est un livre que chacun devrait précieusement conserver dans sa bibliothèque, je serais d'avis pour citer (au risque de choquer quelques uns ou quelques unes... Mais au diable les préjugés...) la très belle série d'entretiens du grand, du génial TIM BURTON avec Mark Salisbury...
Les éditions Sonatine ont réalisé un superbe travail. L'objet est beau... La couverture de même. Sans oublier la préface de l'acteur phare de Burton, Johnny Depp.
Dans un précédent ouvrage, intitulé Tim Burton par Tim Burton, édité chez Le Cinéphage en 1999, MarkSalisbury avait obtenu cette très belle phrase de Depp au sujet de Burton :
Tim Burton est un artiste, un génie, un excentrique, un fou et un ami brillant ; courageux, drôle jusqu'à l'hystérie, loyal, non conformiste et franc du collier [...]. Il est lui-même et c'est tout. Cf. Tim Burton par Tim Burton, Mark Salisbury, éd. Le Cinéphage, 1999, p. 8.
Que dire de plus... Bien des choses... La première et peut-être la plus belle... Tim Burton vient d'entrer dans le Panthéon du MOMA. Le Musée présente depuis le 22 novembre dernier et ce jusqu'au 26 avril 2010, l'univers de Burton, les dessins, les maquettes, les marionnettes, les storyboards...Bref un monde magique et unique...
Je me souviens des premiers pas de Burton aux Studios Disney... à la fin des années 70. Il y réalise, malgré l'ambiance plutôt difficile après le décès du grand Maître, deux cours-métrages en noir et blanc. Vincent pour ceux et celles qui connaissent est animé. Le second, Frankenweenie a été conçu en images réelles.
Peu de succès commercial... Trop original et trop éloigné quelque part des ambitions Disney.
Burton réalise alors son premier long métrage, totalement surréaliste... Ainsi, en 1985, il signe le remarquable Pee-Wee Big Adventure. L'histoire de ce gamin qui part à la recherche de son vélo volé. Première collaboration et le début d'une longue série aux côtés du musicien Danny Elfman que j'adore...
Je ne vais pas vous énumérer la liste des chefs-d'oeuvres qui suivront... Ils sont trop nombreux...
Juste quelques titres, qui devraient faire briller vos yeux d'éternels enfants...
Edward aux mains d'argent... 1990, qui reste pour moi, le film le plus personnel de Burton et aussi le plus autobiographique. (Ecrit par la romancière C. Thompson). Un conte de fées moderne... Avec Winona Ryder et Johnny Depp...
L'Etrange Noël de Mr Jack ... 1993... Chef-d'oeuvre...
Et puis j'en passe...
Mais je m'arrête sur l'un de mes films préférés... Ed Wood (1994). Biographie très marginale et déjantée du grand réalisateur excentrique hollywoodien, Monsieur Ed Wood. Deux Oscars et pourtant un bide... Je n'en ai jamais compris la raison...
Puis le pastiche tout en couleur des Bandes dessinées de Science Fiction des années 50. Mars Attacks (1996). Génial...
Mais tout le monde connaît les succès en 1999, de Sleepy Hollow ou la légende du cavalier sans tête , suivi de La Planète des Singes, puis de Big Fish...
Viendront l'adaptation du livre de Roald Dahl, Charlie et la Chocolaterie (2005).
J'ai vu ce film une dizaine de fois... A chaque fois un émerveillement pour les yeux, les oreilles... J'aurais aimé être Willy Wonka!!!!!! "Une orgie psychédélico-pop de couleurs éclatantes" ajoute M. Saisbury, p. 28.
Je ne peux pas tout citer... mais J'attends avec IMPATIENCE ALICE AU PAYS DES MERVEILLES!!!
Je n'ai jamais pu lire le livre... J'ai toujours été angoissée devant cet univers... mystérieux... Et je n'ai jamais aimé Alice... Mais je suis certaine, à la vue des premiers extraits, que l'adaptation de Burton sera étonnante et déjantée...
Vous devez lire ce magnifique livre de Mark Salisbury pour comprendre l'univers magique de Burton... J'ai revu tous ses films depuis... Et là, l'émerveillement le plus total... Happée....
Quelques mots de Burton glanés çà et là :
Les adultes oublient que les enfants sont des créatures intelligentes. Propos dans Sleepy Hollow , Tim Burton, Première, janvier 2000, p. 96.
Beaucoup de gens me demandent à quel moment je ferai, enfin, un film avec des personnes réelles. Mais, qu'est ce que la réalité ? Tim Burton par Tim Burton, Marc Salisbury, éditions Le Cinéphage, 1999, pp. 106-107.
Voilà... Cecilotte est repartie dans un univers étrange mais qui n'est pas bien loin du sien...
Un monde déjanté, coloré, animé, surréaliste...
Dessin exposé au MOMA...
A lire et à relire... A voir et à revoir... Tim Burton est un Génie... un grand génie...
24 janvier 2010
Paris, Paris , si près, si près...
Quel bonheur que d'être à une petite heure et demie de Paris... On peut y retrouver en un saut de puces, tous les amis, les vrais, ce qui sont toujours là au rendez-vous pour vous préparer une big surprise... Un moment unique... pour fêter enfin une belle chose qui m'arrive dans la vie...
Descente du train et hop en voiture Simone.
Visite de la magnifique exposition La Légende du Roi Arthur à la Bibliothèque Nationale de France (Tolbiac).
Immensité du lieu... le livre semble nous écraser de toute sa culture, de tout son savoir... Angoissant. Je n'ai que très peu fréquenté le dit lieu, du temps de la préparation de ma thèse. C'est Richelieu qui fut mon antre durant des années. Et je dois le dire, la nouvelle grande Bibliothèque de France est impressionnante. Tant par son architecture, que par le côté compliqué de son organisation... Mais à la pratique, tous les chercheurs le savent bien, on s'y fait très vite...
La Légende du Roi Arthur accueille le visiteur avec plusieurs extraits de films tous aussi originaux les uns que les autres.
- Excalibur de BOORMAN, 1981
- Sacré Graal ! des MONTY PYTHON, 1974
- Merlin l'Enchanteur de REITERMAN (WALT DISNEY PRODUCTIONS), 1963.
- Perceval le Gallois de notre cher et malheureusement disparu ERIC ROHMER, 1978.
- Indiana Jones et la dernière croisade, SPIELBERG, 1989.
Le film qui fut à l'origine de ma décision de devenir archéologue... Moi aussi, je voulais aller retrouver le Saint Graal... Erreur de parcours... Je ne suis par archéologue... L'archéologie pour moi c'était Indie avec son lasso, ses bottes, son chapeau, son cheval et ses cours uniques... Le clin d'oeil à répétition des étudiantes durant le cours du Professeur Jones. A rêver... Fatale erreur... Pas ce genre de specimen en fac... J'ai été déçue, très très déçue... Du moins chez nous... il n'y a pas de professeur de ce genre... ce qui m'a tout de même valu d'en trouver un, de ces specimens, mais totalement différent... Aventureux à sa manière, avec un chapeau, un cigare, un très beau look, très recherché... mais il n'a pas de lasso... Dommage...
- Et enfin la série extraordinaire KAAMELOT dont je dévore tous les épisodes les uns après les autres, par ASTIER).
Puis l'exposition, débute... le visiteur découvre à la fois tous les romans de Chrétien de Troyes jusqu'au superbe opéra de Richard Wagner, Parcifal, de superbes manuscrits enluminés provenant de lieux tous aussi extraordinaires les uns que les autres, sans oublier des objets exceptionnels évoquant cette légende.
Toutes générations confondues prennent plaisir à découvrir le monde du roi Arthur, des Chevaliers à la Table Ronde, de la quête du Graal, des amours de Lancelot, de Perceval...
Bref, un moment unique...
20 janvier 2010
L'amour des livres... La Bibliothèque...
Oui, je sais certains ne sont pas contents... Je n'ai pas été très assidue ces derniers temps...
Je vais donc me rattraper...
Une petite pépite que dire une grosse pépite à lire et à relire... Très courte, mais unique et passionnante...
Je suis tombée par hasard, sur ce joli bijou...
Enis BATUR, écrivain et poète turc... Au passage, l'un des plus grands auteurs de son époque, vient de publier un très bel essai...
Enis Batut aime la France... Né en 1952, il effectue ses classes au lycée Saint-Joseph d'Istambul... Puis viendront de brillantes études de Lettres et de Philosophie en Turquie puis en France.
D'une bibliothèque à l'autre (Récit traduit du Turc par François Skvor, publié à Saint-Pourçain-sur-Sioule, 2005) est un enchantement pour celui ou celle qui aime les livres, les bibliothèques...
Dans la préface qu'il a consacré à ce récit, Alberto Manguel insiste sur le fait qu'il s'agit là " d'un merveilleux petit livre qui pourrait prêter son titre à une autobiographie".
Et quel plaisir... Quels moments uniques... à partager...
" Où que j'aille, quoi qu'il arrive, les allées des bouquinistes, les rues des libraires ou les boulevards des bibliothèques viendront couper le fil de mon cheminement. C'est inévitable. Pour m'apaiser, il suffit que naisse en moi l'image du contact avec un livre, il ne m'est même pas nécessaire d'en prendre un dans les mains, d'en tourner les pages. La simple vue d'un pan de mur bourré de rayonnages à travers une fenêtre éclairée m'invite au calme [...]. Page 27.
Et bien je suis totalement d'accord et je suis même surprise de trouver ces mots en totale symbiose avec ce qu'il m'arrive de ressentir au milieu des livres. J'en ai besoin. Ils sont ma force vitale, mon réconfort, mes amis les plus intimes...
Et plus loin que penser en lisant ces mots si vrais et si beaux (page 30) ? : " la bibliothèque est le no man's land de tout passionné des livres, qu'il soit amoureux transi ou captif".
Amoureuse transie ou captive... Et bien je suis les deux à la fois...
Comment ne pas souligner cette phrase de Pascal Quignard et citée en intégralité par Enis Batur : (page 43) : " Je suis avant tout un lecteur. Ce sont mes lectures qui déterminent ce que j'écris".
Dans sa préface, Alberto Manguel avoue qu'il considère "E. Batur comme mon double. Il ressent, voit, exprime les choses comme je le ferais. Je sais par avance ce qu'il va dire et penser. C'est étrange, non ?".
Je peux comprendre... Cela peut paraître étrange et en même temps...
Je vous conseille, si vous avez envie de passer un bien joli moment de savourer ce joli texte...
Et puis, si Enis Batur, et sa plume ne vous laissent guère indifférents, je l'espère, lisez ses essais, ses romans et ses poèmes.
Certains sont merveilleusement traduits en français...
Une petite sélection personnelle :
- La Pomme, éditions Actes Sud, 2005.
- Le sarcophage des pleureuses. Editions Fata Morgana, 2005.
- Ma bibliothèque labyrinthe. Essai. Editions Bleu Autour, 2006.
- Ottomanes. Autochromes de Jules-Gervais-Courtellemont. Ouvrage collectif. Editions Bleu Autour 2006.
Un magnifique ouvrage rendant hommage au photographe français (1863-1931). Les autochromes de Courtellemont (photographies en couleur réalisées suivant le procédé des frères Lumière dès 1907) sont superbes. Ce sont des souvenirs de nombreux voyages (Maroc, Turquie, Tunisie, Palestine...).
Pour les amoureux de la photographie...
Et de terminer par D'autres chemins, récits traduits du turc. Editions Actes Sud, 2008.
Je vous souhaite à tous bien du plaisir dans ces étonnantes lectures... au soleil...
Et à tous et à toutes une bonne et heureuse année... Et merci de me rester fidèles...
Cécilotte...


















































